Mot-clé : « du Deffand (Mme) »

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Le Livre, tome I, p. 262-286

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 262.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 262 [286]. Source : Internet Archive.

seigne rien, parce qu’il ne décide de rien ; c’est l’opposé du dogmatisme…. Allez, allez, c’est le seul bon philosophe et le seul bon métaphysicien qu’il y ait jamais eu. »

Mme du Deffand affectionnait aussi tout particulièrement Cicéron, dont le style l’ « en­chante[262.1] » : « après César, c’est l’homme que j’aime le mieux[262.2] ». Elle était grande admiratrice d’Athalie, « l’ouvrage que je voudrais avoir fait, s’il avait fallu n’en faire qu’un seul, parce qu’il me paraît à tous égards avoir atteint la per­fection[262.3], » et ne se lassait pas de lire Gil Blas[262.4], qui « est écrit à merveille ; il me fait des plaisirs indi­cibles[262.5] ». Mais elle se plaît surtout avec les Mémoires, les Biographies et les Correspondances : « … J’aime surtout les détails des intrigues, et c’est ce qui fait que je préfère infiniment les Mémoires et les Vies particulières aux histoires générales[262.6]…. J’ai commencé la lecture de votre Histoire d’Amérique, mais je ne puis m’intéresser à tous ces événements ; les seules lectures qui m’amusent, ce sont les Mémoires, les Vies particulières, les lettres et les romans : tout ce qui est histoire d’une

[I.286.262]
  1.  Loc. cit., t. II, p. 562. Lettre du 18 juin 1776.  ↩
  2.  Loc. cit., t. II, p. 563. Lettre du 7 juillet 1776.  ↩
  3.  Loc. cit., t. II, p. 713. Lettre du 3 février 1780.  ↩
  4.  Loc. cit., t. II, p. 153. Lettre du 24 mars 1771.  ↩
  5.  Mme du Deffand, Correspondance, t. I, p. 356. Lettre du 5 mars 1771. (Paris, Lévy, 1877.)  ↩
  6.  Marquise du Deffand, Correspondance, t. II, p. 131. Lettre du 27 janvier 1771. (Paris, Plon, 1865.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 261-285

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 261.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 261 [285]. Source : Internet Archive.

et finissant à l’arrivée du vaisseau qui vient l’en tirer, sera tout à la fois l’amusement et l’instruction d’Émile durant l’époque dont il est ici question. »

Lord Chatham (1708-1778) se délassait de la politique en lisant Virgile, dont il « s’en­chantait[261.1] ».

« Si tous les livres politiques devaient périr, et que je fusse le maître d’en conserver un seul, je ne demanderais grâce (n’en déplaise à M. de Voltaire) que pour l’Esprit des lois de Montesquieu, » a dit, dans ses Amusements des gens d’esprit[261.2], le littérateur Gain de Montaignac (1731-vers 1780).

A Horace Walpole (1717-1797), qui ne pouvait souffrir Montaigne, au point de dire des Essais : « C’est un vrai radotage de pédant, une rapsodie de lieux communs, même sans liaison ; son Sénèque et lui se tuent à apprendre à mourir, — la chose du monde qu’on est le plus sûr de faire sans l’avoir apprise[261.3], » Mme du Deffand (1697-1780) ripostait[261.4] : « Je suis bien sûre que vous vous accoutumerez à Montaigne ; on y trouve tout ce qu’on a jamais pensé, et nul style n’est aussi énergique : il n’en-

[I.285.261]
  1.  Doudan, Lettres, t. IV, p. 151. (Paris, C. Lévy, 1879. In-18.)  ↩
  2.  Page 9. Berlin, 1762. In-12. La seconde édition de cet ouvrage porte le titre de Amusements philosophiques. (Cf. Peignot, op. cit., t. I, p. 378 ; Larousse, Grand Dictionnaire ; et Hœfer, Nouvelle Biographie.)  ↩
  3.  Marquise du Deffand, Correspondance, t. I, p. 381, n. 1. (Paris, Plon, 1865.)  ↩
  4.  Loc. cit., t. I, p. 385. Lettre du 27 octobre 1766.  ↩