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Le Livre, tome III, p. 054-068

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 54.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 54 [068]. Source : Internet Archive.

ger, après la révocation de l’édit de Nantes, portèrent leur industrie et leurs procédés aux Pays-Bas, et, de là, nous expédièrent leurs produits. Lorsqu’il est de bonne qualité, de pur fil, le papier de Hollande, d’ordinaire vergé, est résistant, ferme, sonore, — sonnant, comme on dit, — et de très bel aspect. De l’avis de certains bibliophiles, il a ou il aurait parfois, quand il est trop collé sans doute, l’inconvénient de ne pas très bien prendre l’en­cre[054.1], et de donner accidentellement aux impressions une apparence un peu terne et grisâtre.

Le papier whatman, du nom de l’inventeur, l’Anglais Whatman, établi à Maidstone (comté de Kent), vers 1770[054.2], ressemble au papier de Hollande, mais il est toujours dépourvu de vergeures. Comme le hollande, il est grené, très ferme et très solide. On l’emploie beaucoup pour le dessin linéaire et le lavis[054.3].

Le vélin, ainsi nommé parce qu’il a la transparence

[III.068.054]
  1.  Jules Richard (l’Art de former une bibliothèque, p. 68) va même jusqu’à dire que, pour que « le sec s’opère, … sur les vergés de Hollande ou autres, il faut souvent quatre ans, et parfois davantage. » ce qui est manifestement exagéré.  ↩
  2.  Cf. Ambroise Firmin-Didot, Essai sur la typographie, col. 734, qui écrit à tort Whatmann : la véritable orthographe est Whatman (avec un seul n) ; cf. Chamber’s English Dictionary, art. Paper. (London, Chambers, 1898.)  ↩
  3.  Un autre papier, employé spécialement pour le dessin, est le papier canson (du nom de l’inventeur, Barthélémy de Canson : 1773-1859) ; c’est un beau papier fort et lisse, qui se fabrique à Annonay.  ↩

Le Livre, tome III, p. 003-017

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 3.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 3 [017]. Source : Internet Archive.

exprès, ou achetaient plusieurs exemplaires, dont ils choisissaient les plus belles feuilles, et en composaient un volume, le plus parfait qu’il était possible. »

Jules Janin, le duc d’Aumale et bien d’autres bibliophiles d’élite ont plus d’une fois suivi l’exemple des de Thou[003.1].

La reliure à part, c’est de la qualité du papier que dépend presque toujours le prix de vente d’un ouvrage non épuisé, non d’occasion, qui se trouve en librairie, comme on dit, et figure dans le catalogue d’un éditeur. Prenons, par exemple, la collection Jannet-Picard, portée sur le Catalogue de la librairie Flammarion, année 1896[003.2], et qui comprend les œuvres de Molière, de Rabelais, Villon, Régnier, Marot, etc. Le volume broché, papier ordinaire, de cette collection, coûte 1 franc ; le volume broché, papier vergé, 2 francs ; papier whatman, 4 francs ; papier de Chine, 15 francs.

De même pour la « Nouvelle Bibliothèque classique », fondée par l’éditeur Jouaust, et annoncée dans le même Catalogue de la librairie Flamma­rion[003.3] : un volume de cette collection sur papier ordinaire in-16 elzevierien est coté 3 francs ; sur papier de Hollande, 5 francs ; sur papier de Chine

[III.017-003]
  1.  Cf. Jules Richard, l’Art de former une bibliothèque, p. 30.  ↩
  2.  Page 13.  ↩
  3.  Page 37.  ↩

Le Livre, tome II, p. 343-359

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 343.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 343 [359]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 344.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 344 [360]. Source : Internet Archive.

revint que tout taché d’encre et dans le plus pitoyable état. Sur une des pages, la page 61, en regard de la plus grosse tache, Chénier écrivit alors (1781) ces lignes :

« J’ai prêté, il y a quelques mois, ce livre à un homme qui l’avait vu sur ma table, et me l’avait demandé instament (sic). Il vient de me le rendre en me faisant mille excuses. Je suis certain qu’il ne la pas lu. Le seul usage qu’il en ait fait a été d’y renverser son écritoire, peut-être pour me montrer que, lui aussi, il sait commenter et couvrir les marges d’encre. Que le bon Dieu lui pardone (sic) et lui ôte à jamais l’envie de me demander des livres[343.1] ! »

C’est le cas de rappeler le « mirlito­nesque »[343.2] distique, dont Charles Nodier, Guilbert de Pixérécourt, d’autres encore, se disputent la paternité[343.3] :

Tel est le triste sort de tout livre prêté,
Souvent il est perdu, toujours il est gâté ;

et le fameux sixain de Guillaume Colletet, que, par une singulière erreur, provenant sans doute et uniquement de l’assonance, on attribue fréquemment à Condorcet[343.4] :

[II.359.343]
  1.  L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 10 août 1893, col. 127.  ↩
  2.  L’épithète est de M. Octave Uzanne, op. cit., t. I, p. 36.  ↩
  3.  Cf. Octave Uzanne, op. cit., ibid. ; Jules Richard, l’Art de former une bibliothèque, p. 41 ; l’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 10 août 1879, col. 401 ; etc.  ↩
  4.  Voir, entre autres, pour cette attribution à Condorcet, Jules Janin, l’Amour des livres, pp. 60-61 ; Édouard Rouveyre, Connaissances nécessaires à un bibliophile, 3e édit., t. I, p. 92 ; Yve-Plessis, Petit Essai de biblio-thérapeutique, p. 20 ; etc. Sur la paternité de Colletet, voir l’intermédiaire des chercheurs et curieux, 10 et 25 février 1878, col. 65 et 122. A part une épître A un jeune Polonais exilé en Sibérie, Condorcet, qui s’est surtout occupé de science et de politique, n’a jamais écrit de vers.  ↩

Le Livre, tome II, p. 193-209

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 193.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 193 [209]. Source : Internet Archive.

la phrase est de lui[193.1]. Or, les livres qu’on ne relit pas ne se retient pas, ne se gardent pas, c’est un principe de biblio­philie[193.2].

Écoutons encore Mme de Sévigné : « J’ai apporté ici (aux Rochers) quantité de livres choisis, annonce-t-elle à sa fille[193.3] ; je les ai rangés ce matin : on ne met pas la main sur un, tel qu’il soit, qu’on n’ait envie de le lire tout entier ; toute une tablette de dévotion,… l’autre est toute d’histoires admirables ; l’autre de morale ; l’autre de poésies et de nouvelles et de mémoires. Les romans sont méprisés et ont gagné les petites armoires. »

Le mépris était aussi le sentiment qu’éprouvait à l’égard des romans le prince de Ligne (1735-1814) : « Moi, qui ne lis jamais de romans, » avoue-t-il quelque part[193.4].

S’il ne va pas jusqu’à les « mépriser », tous en bloc, Doudan ne se fait guère d’illusions non plus à leur endroit ; il les compare à des « déjeuners de soleil » :

« Pour Corinne, écrit-il à l’une de ses correspon-

[II.209.193]
  1.  Vauvenargues, Réflexions sur divers sujets, VII, Des romans : Œuvres complètes, p. 478. (Paris, Didot, 1883 ; in-8).  ↩
  2.  « Un bibliophile ne conserve pas les livres qu’on lit une fois, mais seulement ceux qu’on relit avec plaisir et que par conséquent on relie… plus ou moins richement. » (Jules Richard, l’Art de former une bibliothèque, p. 139.)  ↩
  3.  Lettre du mercredi 5 juin 1680. (Lettres, t. IV, p. 178.)  ↩
  4.  prince de Ligne, Œuvres choisies, Mélanges philosophiques et humoristiques, De moi pendant la nuit, p. 139. (Paris, Librairie des bibliophiles, 1890.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 102-118

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 102.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 102 [118]. Source : Internet Archive.

contient environ sept cent mille hommes, qu’on ne peut vivre avec tous, et qu’on choisit trois ou quatre amis. Ainsi, il ne faut pas plus se plaindre de la multitude des livres que de celle des citoyens. »

C’est ce qui faisait dire au bibliographe Bollioud-Mermet (1709-1793)[102.1] : « Il en est des livres comme des amis. Les bons sont rares, mais quand même ils seraient tous excellents, penserait-on qu’il fût expédient d’en avoir beaucoup, et possible de les tous cultiver ? On ne s’attacherait intimement à aucun, » etc. Après avoir conseillé de relire souvent les meilleurs livres, les chefs-d’œuvre de l’esprit humain, le même écrivain, que Jules Richard appelle sans raison « un des hommes les plus ennuyeux du xviiie siècle[102.2] », continue par ces considérations pleines d’à-propos et

[II.118.102]
  1.  Essai sur la lecture, pp. 73-74. (Lyon, Duplain, 1765.)  ↩
  2.  Jules Richard, l’Art de former une bibliothèque, p. 107.  ↩

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