Mot-clé : « Mélanchthon »

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Le Livre, tome II, p. 306-322

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 306.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 306 [322]. Source : Internet Archive.

comprends tout, j’ai de moi-même et ab ovo l’omniscience infuse[306.1].

Sainte-Beuve, ce si délié et expert observateur des gens de lettres et des choses littéraires, a fort bien reconnu et nettement attesté, et expliqué aussi, ce phénomène : « Les grands auteurs, une fois arrivés à la gloire, se lisent et ne lisent guère qu’eux-mêmes[306.2] ». Et, ajoutons-le, combien d’écrivains se croient ici « grands auteurs », se figurent être « arrivés à la gloire » ; combien, en dehors de Pierre Loti, d’Émile Zola, de Maupassant, etc., « ne lisent guère qu’eux-mêmes » !

Rappelons d’ailleurs cette autre remarque, cet autre principe, aussi formulé par Sainte-Beuve[306.3] : « Ce sont les ignorants comme Pascal, comme Descartes, comme Rousseau, ces hommes qui ont peu lu, mais qui pensent et qui osent, ce sont ceux-là qui remuent bien ou mal et qui font aller le monde ».

Nous avons vu[306.4] que Mélanchthon bornait toute sa bibliothèque à quatre auteurs : Platon, Pline, Plutarque et Ptolémée. Le philosophe matérialiste Hobbes (1588-1679), lui, « ne possédait point de biblio-

[II.322.306]
    •  A quoi sert-il de lire ? On sait tout aujourd’hui.

     (Chéron, le Tartuffe de mœurs, comédie (1789). acte III, sc. v.)  ↩

  1.  Sainte-Beuve, Chateaubriand et son groupe littéraire, t. I, p. 209.  ↩
  2.  Causeries du lundi, t. II, pp. 185-186.  ↩
  3.  Supra, t. I, p. 231.  ↩

Le Livre, tome I, p. 231-255

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 231.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 231 [255]. Source : Internet Archive.

Mélanchthon (1497-1560) bornait toute sa bibliothèque à quatre auteurs dont les noms commencent par la même lettre : Platon, Pline, Plutarque et Ptolémée[231.1].

L’amiral de Coligny (1517-1572) faisait, dans sa jeunesse, sa lecture habituelle des Éléments d’Euclide et des Vies des hommes illustres de Plutarque.

Le poète Jean Dorat ou Daurat (1508-1588) admirait tellement certaine épigramme d’Ausone (la 107e : In puerum formosum), qu’il prétendait qu’un démon en était l’auteur.

Le célèbre jurisconsulte Cujas (1520-1590) disait des ouvrages de Paul de Castro, professeur de droit, mort à Florence en 1437 : Qui non habet Paulum de Castro tunicam vendat et emat. Ce mot a été appliqué depuis à l’ouvrage de Domat (1625-1696), Des lois civiles dans leur ordre naturel.

Montaigne (1533-1592) aimait Boccace, Rabelais et Jean Second. Il estimait les Géorgiques de Virgile « le plus accompli ouvrage de la poésie ». Lucrèce, Catulle et Horace lui semblaient être, avec Virgile, les quatre meilleurs poètes latins. Il affectionnait aussi particulièrement Lucain et Térence, Plutarque

[I.255.231]
  1.  Peignot, op. cit., t. I, p. 95, à qui, comme je l’ai dit, sont empruntés tous les faits et détails non accompagnés de notes. — Bien que Mélanchthon ait commenté et édité Pline le Jeune (la Grande Encyclopédie, art. Mélanchthon), il s’agit ici de Pline l’Ancien. Pline sans épithète s’appliquant d’ordinaire à l’auteur de l’Histoire naturelle ↩