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Le Livre, tome I, p. 134-158

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 134.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 134 [158]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 135.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 135 [159]. Source : Internet Archive.

de la Sorbonne. Rappelons aussi que, fondateur de l’Académie française, Richelieu « ne reconnaissait au-dessous du trône qu’une dignité égale à la sienne, celle de l’écrivain et du penseur ; il voulait qu’un homme du nom de Chapelain ou de Gombauld lui parlât couvert[134.1] ».

Mazarin (1602-1661) fut de même un amateur passionné des livres. Il commença à en rassembler de bonne heure. Il en possédait déjà à Rome, dans son palais du mont Quirinal, plus de cinq mille, « conservés, nous apprend le Père Jacob[134.2], dans des armoires trélissées de fil doré, ciselées et dorées à surface, avec des vases, bustes et autres antiques sur le haut d’icelles ». Le même bibliographe ajoute ce très intéressant détail : Mazarin ne confiait la reliure de ses livres qu’à des ouvriers appelés exprès de Paris.

C’est au savant Gabriel Naudé, précédemment bibliothécaire de Richelieu, que Mazarin commit le soin de sa biblio­thèque[134.3], qui fut installée d’abord

[I.158.134]
  1.  Augustin Thierry, Essai sur l’histoiredu Tiers État, chap. viii, p. 212. (Paris, Furne, 1868.)  ↩
  2.  Ap. Alfred Franklin, op. cit., Collège Mazarin, t. III, p. 37.  ↩
  3.  Voir ap. Alfred Franklin, op. cit., t. III, p. 48, de curieux détails concernant la façon dont Gabriel Naudé faisait, en Italie, des achats de livres pour le compte de Mazarin : « On nous le représente entrant, une toise à la main, chez les libraires, mesurant les tablettes, et fixant le prix d’après leurs dimensions ; aussi J.-V. Rossi prétend-il que les boutiques où il avait passé semblaient plutôt avoir été dévastées par un ouragan que visitées par un bibliophile. Naudé, d’ailleurs, marchandait beaucoup, et, à force de discussions, d’insistances et d’importunités, il finissait… par payer ses livres moins cher que s’il se fût agi de poires ou de limons…. Il est même certain que Naudé cherchait à tromper les libraires…. Dans son Advis pour dresser une bibliothèque, il approuve hautement (page 97*) la maxime qu’avait adoptée à cet égard Richard de Bury » (que tous les moyens ou à peu près sont bons pour se procurer des livres : cf. Richard de Bury, Philobiblion, chap. viii, pp. xxxi, 80 et s., et 237 et s., trad. Cocheris). « Naudé n’allait sans doute pas aussi loin en pratique qu’en théorie ; mais, quand on le rencontrait couvert de poussière et de toiles d’araignées, les poches remplies de volumes, ayant l’air joyeux et portant haut la tête, on pouvait être certain qu’il venait, à force de peines et de ruses, de conclure un marché plus avantageux pour lui que pour le libraire. » Etc.
    •  * Pages 66 et s., édit. Liseux (Paris, 1876).  ↩

Le Livre, tome I, p. 108-132

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 108.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 108 [132]. Source : Internet Archive.

toutes leurs publications « ès mains de nostre amé et féal conseiller… ayant la charge de nostre dicte librairie… le tout à peine de confis­cation[108.1] ».

Henri II (1519-1559), « quoique bien instruit en sa jeunesse, fut tellement diverti par les guerres qu’il continua avec Charles-Quint, qu’il n’eut guères moyen de caresser ou favoriser les Muses[108.2] », et s’occupa peu de sa bibliothèque.

François II (1544-1560) régna un an à peine, et n’eut guère de temps non plus à consacrer à ses livres.

A l’avènement de Charles IX (1550-1574), protecteur de Ronsard et poète lui-même, on pouvait espérer une ère favorable aux lettres ; mais les luttes religieuses en décidèrent autrement. La Bibliothèque du Roi n’acquit, sous ce règne, aucune collection nouvelle ; un important changement s’y produisit cependant : c’est sous le règne de Charles IX qu’elle quitta Fontainebleau et fut réintégrée à Paris.

Telles sont, résumées en quelques mots, les origines et les premières phases de notre Bibliothèque nationale[108.3].

[I.132.108]
  1.  Cf. Alfred Franklin, op. cit., t. II, p. 136.  ↩
  2.  Gabriel Naudé, Additions à l’histoire du roy Louis XI, p. 167, ap. Alfred Franklin, op. cit., p. 140, note 2.  ↩
  3.  Tous ces détails sont extraits, le plus souvent textuellement, du grand et excellent ouvrage de M. Alfred Franklin, les Anciennes Bibliothèques de Paris, t. II, pp. 131-145. (Paris, Imprimerie nationale, 1870.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 006-030

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 6.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 6 [030]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 6.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 7 [031]. Source : Internet Archive.

cet agréable supplice ; c’est toi qui fus enfermé dans un coffre et souffris tout un printemps, nourri du miel des abeilles[006.1]. »

Un des lieutenants d’Alexandre, Ptolémée Soter (Sauveur) (323-285 av. J.-C.), fils de Lagos, — d’où le nom de Lagides donné aux Ptolémées, — ayant reçu pour sa part le royaume d’Égypte, lors du partage de l’immense empire, fonda, sur le conseil, dit-on, de Démétrius de Phalère (545-285 av. J.-C.), le grammairien, historien, rhéteur et ancien gouverneur d’Athènes, la bibliothèque d’Alexandrie, la plus célèbre et la plus riche des temps anciens[006.2].

[I.030.006]
  1.  Théocrite, Idylle VII, les Thalysies, trad. Pessonneaux, pp. 64 et 71. (Paris, Charpentier, 1895.)  ↩
  2.  Sur les bibliothèques publiques dans l’antiquité, au moyen âge et dans les temps modernes, voir le traité de Juste Lipse, De bibliothecis syntagma, que Peignot a traduit, sous le titre de Traité des bibliothèques anciennes, et placé en tête de son Manuel bibliographique (Paris, s. n. d’édit. ni d’impr., 1800) ; le Père Louis Jacob de Saint-Charles, Traité des plus belles bibliothèques publiques et particulières, qui ont été et qui sont à présent dans le monde (Paris, Rolet Le Duc, 1644) ; Peignot, Dictionnaire raisonné de bibliologie, art. Bibliothèque, Notices sur les principales bibliothèques anciennes et modernes, t. I, pp. 58-108 (Paris, Villier, 1802) ; Petit-Radel, Recherches sur les bibliothèques anciennes et modernes (Paris, Rey et Gravier, 1819) ; J.-L.-A. Bailly, Notices historiques sur les bibliothèques anciennes et modernes (Paris, Rousselon, 1828) : ouvrage très médiocre ; H. Géraud, Essai sur les livres dans l’antiquité, particulièrement chez les Romains, chap. x (Paris, Techener, 1840) ; Lalanne, Curiosités bibliographiques, pp. 138-197 et passim (Paris, Delahays, 1857) ; G. Richou, Traité de l’administration des bibliothèques publiques (Paris, Paul Dupont, 1885) ; Ulysse Robert, Recueil des lois, décrets, ordonnances, arrêtés, concernant tes bibliothèques publiques (Paris, Champion, 1883) ; l’art. Bibliothèque dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert (Diderot, Œuvres complètes, t. XIII, pp. 437-476 ; Paris, Garnier, 1876) : historique résumé et soigneusement fait de l’établissement des bibliothèques chez les principaux peuples anciens et modernes ; l’art. Bibliothèque dans l’Encyclopédie moderne…. publiée sous la direction de M. Léon Renier (Paris, Didot, 1851) ; dans la Grande Encyclopédie (Paris, Lamirault, s. d.) : article important et bien documenté ; etc. ; et les deux grands ouvrages : Alfred Franklin, les Anciennes Bibliothèques de Paris (Paris, Imprimerie nationale, 1867-1873; 3 vol. in-4) ; et Léopold Delisle, le Cabinet des manuscrits de la Bibliothèque nationale (Paris, Imprimerie nationale, 1868-1881 ; 3 vol. texte et 1 vol. planches, in-4) ;  etc. Je ne fais qu’effleurer ici et plus loin cette question des bibliothèques publiques.  ↩

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