Mot-clé : « Figuier (Louis) »

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Le Livre, tome III, p. 050-064

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 50.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 50 [064]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 51.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 51 [065]. Source : Internet Archive.

L’Imprimerie nationale, qui emploie deux catégories de papiers, paie la première 50 à 80 francs en pâtes de chiffons ou de matières textiles et filamenteuses ; la seconde, celle des pâtes de bois ou matières minérales, lui coûte 36 à 45 francs les 100 kilos…. Le Petit Journal ou le Figaro s’impriment sur du papier à 35 francs les 100 kilos…. Les sortes de papier qui se payent aujourd’hui 35 francs les 100 kilos se payaient 100 francs au lendemain de la guerre de 1870, 65 francs en 1880, et 44 francs en 1888[050.1]. »

[III.064.050]
  1.  G. d’Avenel, op. cit., pp. 42, 51 et 52. « La pâte de chiffon se vend de 50 à 100 francs les 100 kilos ; celle de l’alfa, qui rivalise avec le chiffon pour les papiers de belle qualité, vaut de 40 à 45 francs. » (Mémorial de la librairie française, 10 août 1905. p. 425.) A propos du grand abaissement du prix des papiers, dû à l’emploi de la pâte de bois, et qui se produisit en France sous le règne de Napoléon III, Louis Figuier rapporte le curieux fait suivant, un projet de fondation d’une bibliothèque à un franc le kilogramme, dont les volumes seraient mis en vente, non plus seulement chez les libraires, mais chez tous les marchands et détaillants quelconques : « Vers 1865, comme M. Rouher parlait d’établir la liberté absolue de l’imprimerie et de la librairie, M. Aristide Bergès [fabricant de papier à Lancey (Isère)] s’apprêta, à cette époque, à fonder la bibliothèque à un franc le kilogramme, sans distinction de noms d’auteur ni de grosseur de volumes. Il avait calculé qu’on pouvait fabriquer, imprimer et brocher du papier à raison de 1 franc le kilogramme, en laissant un gain convenable aux auteurs et libraires, sauf à n’imprimer que les livres susceptibles d’être tirés à 100 000 exemplaires. Il fallait seulement, pour cela, pouvoir vendre les livres partout, chez le mercier, le quincaillier, le fruitier, etc., et toujours au kilogramme. Les événements ont retardé l’éclosion de cette idée hardie, dont la pâte de bois était le pivot, et que l’auteur n’a pas abandonnée. » (Louis Figuier, op. cit., p. 284.)  ↩

Le Livre, tome III, p. 044-058

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 44.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 44 [058]. Source : Internet Archive.

dans ce cas, les filigranes les plus nets. On se sert de fils de soie ou de coton dressés sur un instrument spécial pour reproduire sur le papier ces lignes droites, aux dispositions variées, qui constituent le papier quadrillé[044.1]. »

Le papier couché est un papier, d’ordinaire très glacé[044.2], qui s’obtient en recouvrant une feuille de papier bien collé d’une couche de colle de peau et de blanc de Meudon mélangés. On y ajoute aussi du blanc de zinc, du sulfate de baryte, du talc, du chlorure de magnésium, etc.[044.3]. Le papier couché est surtout employé pour le tirage des similigra­vures[044.4], des gravures en couleur et des publications ornées de ce genre de vignettes.

On pourrait parfois confondre les papiers couchés

[III.058.044]
  1.  Louis Figuier, op. cit., p. 258.  ↩
  2.  Glacé après l’opération dont il va être question, après le couchage. Le papier couché, dont se servaient déjà les relieurs et cartonniers, commença à être employé pour les impressions vers 1878, et c’est le célèbre imprimeur américain Théo L. de Vinne qui s’avisa le premier d’y recourir. « Il avait à exécuter un travail contenant de nombreuses illustrations sur zinc et n’arrivait pas à des résultats suffisants sur les papiers qu’il avait à sa disposition. Par l’entremise de M. W. P. Dane, il s’entendit avec le technicien Ch. M. Gage, qui imagina de recouvrir le papier d’une couche crayeuse et de le satiner ensuite ; et, moyennant cette préparation, le résultat désiré était obtenu. (Mémorial de la librairie française, 9 avril 1903, p. 207.)  ↩
  3.  Voir encore, sur le papier couché, le Mémorial de la librairie française, 26 juillet 1900, p. 420.  ↩
  4.  Sur la similigravure ou simili, voir infra, p. 237.  ↩

Le Livre, tome III, p. 043-057

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 43.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 43 [057]. Source : Internet Archive.

plaques généralement en zinc, le papier dont on veut faire disparaître le grain, et auquel on veut donner un lustré plus ou moins prononcé. On dit que le papier est satiné lorsque ce cylindrage n’a lieu qu’une fois ; mais, si l’on répète l’opération à diverses reprises, on dit alors que le papier est glacé[043.1]. En imprimerie, au contraire, le mot satinage désigne l’opération qui consiste à faire passer entre des feuilles de carton lisse ad hoc le papier, après tirage et séchage. Ce travail a pour but de rendre le brillant au papier, et d’abattre le foulage produit par l’impression[043.2]. »

Les filigranes, que nous avons vus[043.3] se produire dans le papier au moyen d’une marque placée sur le châssis, sur la forme avec laquelle on puise la pâte, s’obtiennent aussi à l’aide du laminoir. « On filigrane au laminoir en posant les feuilles entre des plaques de zinc et des cartons contenant le dessin en relief, ou entre des plaques métalliques sur lesquelles les rais désirés ont été reproduits en relief par la galvanoplastie ; les plaques d’acier donnent,

[III.057.043]
  1.  « Le glaçage est un satinage plus prononcé. » (Louis Figuier, op. cit., p. 256.)  ↩
  2.  Georges Olmer, op. cit., pp. 53-54. Foulage, en typographie, désigne : 1º l’action exercée sur la feuille de papier par la platine dans la presse manuelle, par un cylindre dans la presse mécanique ; 2º le résultat de cette action, et particulièrement le relief produit par l’impression sur le revers de la feuille. (Cf. Larousse, op. cit. ↩
  3.  Supra, p. 28.  ↩

Le Livre, tome III, p. 042-056

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 42.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 42 [056]. Source : Internet Archive.

est aussi moins susceptible de se piquer et de s’altérer dans un air humide.

Le papier non collé a ses partisans : aux yeux de certains, l’impression, plus pénétrante, plus onctueuse, y a meilleur aspect, surtout quand l’ouvrage est accompagné d’illustrations. Pour essayer de contenter tout le monde, les fabricants ont adopté un moyen terme et créé le demi-collé.

Les papiers de couleur se fabriquent en ajoutant, dans la pile raffineuse, au moment de l’encollage, la matière tinctoriale : le jaune s’obtient avec le bichromate de potasse et le sous-acétate de plomb ; les rouges et les roses proviennent de la cochenille (qui produit la belle couleur connue sous le nom de carmin), des bois de Fernambouc, etc.[042.1].

Les papiers se lissent, se glacent et se satinent à l’aide de feuilles de carton ou de feuilles métalliques (acier, zinc ou cuivre) et de presses et de cylindres appelés, selon leur forme, laminoirs ou calan­dres[042.2]. Bien que les mots glaçage et satinage s’emploient souvent l’un pour l’autre, ils ne sont pas, à vrai dire, absolument synonymes. « En fabrique, le satinage consiste à faire passer sous un cylindre, entre des

[III.056.042]
  1.  Louis Figuier, op. cit., p. 242.  ↩
  2.  Paul Charpentier, op. cit., p. 173.  ↩

Le Livre, tome III, p. 040-054

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 40.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 40 [054]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 41.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 41 [055]. Source : Internet Archive.

duisent de si beaux papiers de luxe, n’ont pas cessé d’employer le collage à la gélatine, qui donne au papier un beau lustre et une certaine sonorité[040.1]. »

Le collage végétal, le plus répandu aujourd’hui en tout pays[040.2], s’opère à l’aide d’une sorte de savon résineux, préparé par la fusion de la résine avec du carbonate de soude ; l’addition d’un peu d’alun dans la pile raffi­neuse[040.3] précipite un composé résineux d’alumine, qui agglutine les fibres du papier, reconstitue ainsi l’adhérence primitive et naturelle existant entre les fibres végétales avant leur transformation en pâte, et permet d’écrire sur ce papier avec de l’encre ordinaire[040.4]..

Le papier collé est donc celui qui ne boit pas l’encre ordinaire, et le papier non collé, celui qui boit cette encre : les papiers buvards ou brouil­lards[040.5],

[III.054.040]
  1.  Louis Figuier, op. cit., p. 252.  ↩
  2.  Id., op. cit., p. 240. Il existe aussi « une espèce de collage mixte, dit végéto-animal : c’est un mélange de gélatine, de résine, de fécule et d’alun ». (Id., op. cit., p. 241.)  ↩
  3.  Cf. id., op. cit., p. 239.  ↩
  4.  Cf. G.-A. Renel, la Nature, 18 janvier 1890, p. 102 ; Paul Charpentier, op. cit., p. 112 ; etc.  ↩
  5.  On fait souvent de papier brouillard le synonyme absolu de papier buvard. (Cf. Hatzfeld, Dictionnaire ; Littré, Larousse, op. cit.). On désigne cependant plus particulièrement sous le nom de papier brouillard un papier non collé mais calandré, d’ordinaire plus mince et plus léger que le papier buvard habituel, et d’ordinaire aussi de couleur brune, jaunâtre ou grise, qui s’emploie en pharmacie et thérapeutique (pansements), et sert en outre tout spécialement à confectionner les papillotes. Une sorte de papier buvard et de papier à filtrer a reçu, en raison de sa couleur, le nom de papier gris ↩

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