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Le Livre, tome III, p. 113-127

Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 113.
Albert Cim, Le Livre, t. III, p. 113 [127]. Source : Internet Archive.

pour les recueils de poésies, que nous imprimons à présent, au contraire, en volumes de menues et coquettes dimensions, en in-18 ou in-24[113.1].

Mais l’in-8 ne tarda pas à triompher, et il n’est pas de bibliographe de la première moitié du xixe siècle qui ne le prône et ne le recommande. L’érudit et consciencieux Gabriel Peignot notamment insiste maintes fois sur les mérites de l’in-8 :

« Nous citons de préférence les éditions in-8, écrit-il dans son Manuel du biblio­phile[113.2], parce que ce format, tenant le milieu entre les plus grands et les plus petits, nous paraît le plus décent, le plus convenable, le plus propre à former une bibliothèque qui présente un aspect régulier ; d’ailleurs, l’in-8 est ordinairement imprimé en caractères assez forts pour ne point fatiguer les vues faibles. »

[III.127.113]
  1.  Ludovic Lalanne, op. cit., p. 293. Sur l’influence des livres de petit format, des « livres portatifs » et à bon marché, bien supérieure à celle des coûteux in-folio, Voltaire écrit : « L’inquisition sur les livres est sévère : on me mande que les souscripteurs n’ont point encore le Dictionnaire encyclopédique…. Je voudrais bien savoir quel mal peut faire un livre qui coûte cent écus. Jamais vingt volumes in-folio ne feront de révolution ; ce sont les petits livres portatifs à trente sous qui sont à craindre. Si l’Évangile avait coûté douze cents sesterces, jamais la religion chrétienne ne se serait établie. » (Voltaire, lettre à d’Alembert, 5 avril 1765 : Œuvres complètes, t. VI, p. 720 ; Paris, édit. Du journal le Siècle, 1869.) Cf. aussi P.-L. Courier, Pamphlet des pamphlets : Œuvres, pp. 237 et s. (Paris, Didot, 1865 ; in-18.)  ↩
  2.  Tome II, p. 130.  ↩

Le Livre, tome II, p. 213-229

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 213.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 213 [229]. Source : Internet Archive.

qu’une institution politique, » affirme Royer-Collard (1763-1845)[213.1]. « Fondez la liberté de la presse, dit-il encore[213.2], vous fondez du même coup toutes les libertés. »

« La presse, machine qu’on ne peut plus briser, continuera à détruire l’ancien monde, jusqu’à ce qu’elle en ait formé un nouveau, » a prédit Chateaubriand (1768-1848), qui ajoutait : « La liberté de la presse a été presque l’unique affaire de ma vie ;… j’y ai sacrifié tout ce que je pouvais y sacrifier : temps, travail et repos[213.3] ».

« Laissez dire, laissez-vous blâmer, condamner, emprisonner, écrit Paul-Louis Courier (1772-1825), dans son Pamphlet des pamphlets[213.4] ; laissez-vous pendre, mais publiez votre pensée. Ce n’est pas un droit, c’est un devoir, étroite obligation de quiconque a une pensée, de la produire et mettre au jour pour le bien commun. La vérité est toute à tous. Ce que vous connaissez utile, bon à savoir pour un chacun, vous ne le pouvez taire en conscience. Jenner, qui trouva la vaccine, eût été un franc scélérat d’en garder une heure le secret ; et comme il n’y a point d’homme qui ne croie ses idées utiles, il n’y en a point qui ne soit tenu de les communiquer et répandre

[II.229.213]
  1.  Ap. Eugène Dubief, op. cit., p. 305.  ↩
  2.  Ap. Gustave Merlet, Tableau de la littérature française, 1800-1815, t. I, p. 480.  ↩
  3.  Ap. Eugène Dubief, ibid.  ↩
  4.  Œuvres, p. 243. (Paris, Didot, 1865 ; in-18.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 186-202

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 186.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 186 [202]. Source : Internet Archive.

IX. Les romans

Quelle influence la lecture des romans exerce-t-elle sur l’esprit et particulièrement sur la moralité du public ? Cette influence peut-elle être dangereuse ?

L’austère janséniste Nicole (1625-1695) n’hésitait pas à considérer romanciers et poètes comme des « empoisonneurs publics[186.1] », et un célèbre médecin protestant affirme que, « de toutes les causes qui ont nui à la santé des femmes, la principale a été la multiplication des romans depuis cent ans[186.2] ».

Sans aller aussi loin, Renan, lui, prétend que, dans notre siècle, « la lecture presque exclusive des

[II.202.186]
  1.  « Un faiseur de romans et un poète de théâtre est un empoisonneur public, non des corps, mais des âmes…. » (Nicole, ap. Sainte-Beuve, Port-Royal, t. VI, p. 108.)  ↩
  2.  Jean Darche, Essai sur la lecture, p. 111. Et le pieux Jean Darche ajoute en cet endroit : « Consultez les hommes qui pensent bien, tous attribueront au roman la perversité qui règne dans le monde ». — « C’est l’imprimerie qui met le monde à mal. C’est la lettre moulée qui fait qu’on assassine depuis la création ; et Caïn lisait les journaux dans le paradis terrestre, » a écrit Paul-Louis Courier. (Lettres au rédacteur du Censeur, X ; Œuvres, p. 61 ; Paris, Didot, 1865.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 140-156

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 140.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 140 [156]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 141.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 141 [157]. Source : Internet Archive.

« De notre temps surtout, qui n’est pas très riche en choses vraiment nouvelles, il faudrait s’accoutumer à un plus grand plaisir que de lire et qui est de relire. On a fini alors avec la fatigue de faire connaissance ; on revoit des lieux qu’on a vus, qu’on a un peu ou beaucoup oubliés, et qu’on a plaisir à revoir. Il est bien entendu qu’il faut que ce soient de beaux livres, qui ont des tours, des détours, des petits appartements. Il y a bien des plaisirs dans ces relectures. On compare ses impressions passées aux impressions nouvelles qu’on reçoit ; on fait des découvertes ; on en entrevoit de nouvelles dans les pages qui suivent, sans être travaillé par cette curiosité ennuyeuse qui dit : « Comment cela finira-t-il[140.1] ? »

« … Bien que relire soit beaucoup plus agréable que lire. Il y a dans la première curiosité que donne un livre inconnu une petite impatience assez pénible, comme quand on attend le mot décisif à la fin des replis d’une longue phrase allemande[140.2]. »

Jules Levallois nous avoue, lui aussi, que, « sans chercher à imiter en quoi que ce soit Paul-Louis Courier et Royer-Collard[140.3], je suis de mon mieux

[II.156.140]
  1.  Doudan, loc. cit., t. IV, p. 207.  ↩
  2.  Id., loc. cit., t. IV, p. 254.  ↩
  3.  Cf. supra, t. I, p. 186 : « Mes livres font ma joie…. J’aime surtout à relire ceux que j’ai déjà lus nombre de fois…. » (P.-L. Courier, lettre du 10 septembre 1793 : Œuvres, p. 425 ; Paris, Didot, 1865 ; in-18.) « … Le mot de Royer-Collard à Alfred de Vigny : « Je ne lis plus, monsieur, je relis ». (Sainte-Beuve, Causeries du lundi, t. XI, p. 524.) « La lecture a ses brouillons (ses essais, ses travaux préliminaires), comme les ouvrages, » disait un jour Piron à Fontenelle, — c’est-à-dire que, pour bien comprendre un livre et s’en former une idée nette, lire ne suffit pas, il faut relire. Relisons donc sans cesse. On ne s’attendait pas assurément qu’un mot de Piron irait en rejoindre un autre de Royer-Collard. » (Id., Nouveaux Lundis, t. VII, p. 465.)  ↩

Le Livre, tome I, p. 289-313

Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 289.
Albert Cim, Le Livre, t. I, p. 289 [313]. Source : Internet Archive.

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