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Le Livre, tome II, p. 083-099

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 083.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 083 [099]. Source : Internet Archive.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 084.
Pour suite de note : Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 084 [100]. Source : Internet Archive.

composaient sa fameuse bibliothèque…. Racine a tracé le sien (son nom) avec des notes grecques, latines ou françaises sur les marges des principaux poètes dramatiques de l’antiquité…. Le docte Étienne Baluze [originaire de Tulle] (Stephanus Baluzius Tutelensis) a souscrit de ces trois mots, d’une belle et ferme écriture, chaque volume de sa nombreuse bibliothèque. Le savant Samuel Bochart jetait ses premières pensées et faisait, pour ainsi dire, son premier travail sur les ouvrages mêmes qu’il avait à consulter…. [De] La Monnoye n’écrivait le sien (son nom) que sous la forme d’un anagramme ; on reconnaît ses livres à cette devise : A Delio nomen, et aux notes curieuses que sa plume leur confiait en traits presque microscopiques, mais élégants et bien formés[083.1]. » Etc. Nous avons vu qu’Ancillon « barrait » ses livres en les lisant, « et mettait à la marge des renvois à d’autres auteurs[083.2] ».

Le célèbre évêque Huet figure aussi parmi les annotateurs de livres[083.3]. Et Voltaire : « Ma coutume

[II.099.083]
  1.  Charles Nodier, Mélanges tirés d’une petite bibliothèque, pp. 49-51. « La Monnoye, ce spirituel philologue, qui savait unir à un goût des plus prononcés pour la littérature enjouée une érudition des plus solides, figure au premier rang des annotateurs de livres ; près de cent vingt ouvrages divers, qu’il avait ornés de sa jolie écriture, figurent au catalogue des livres de Gluc de Saint-Port (Paris, Prault, 1749). » (Gustave Brunet, Fantaisies bibliographiques, pp. 267-268.)  ↩
  2.  Cf. supra, pp. 72-73.  ↩
  3.  Cf. supra, p. 28 : « Si je trouvais, en les lisant (mes livres), quelque chose qui valût la peine d’être noté, soit pour la correction du texte, soit pour l’éclaircissement des passages, je le notais à la marge. » (Huet, Mémoires, trad. Charles Nisard, p. 37.)  ↩

Le Livre, tome II, p. 081-097

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 081.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 081 [097]. Source : Internet Archive.

vous suggère. Il n’est pas question ici, bien entendu, de ces annotations ou exclamations dont certains commentateurs surchargeaient jadis les bas de pages des ouvrages classiques : « Beau ! » « Superbe ! » « Admirable ! » « Sublime ! » « Comme cela est vrai ! » « Comme cela est peint ! » etc., de ce qu’on pourrait appeler « les notes bêtes » ; ce ne sont que « les notes utiles » que nous approuvons et conseillons, les rectifications d’abord, puis les rapprochements et analogies de forme ou de fond, les objections, etc. De cette façon et dans ce sens, c’est un charme que d’annoter ses livres, et, pour le connaître et l’apprécier, ce charme, ainsi que nous en avertit l’érudit bibliographe Gustave Brunet (1807-1896)[081.1], « il faut l’avoir goûté ».

Je sais qu’il y a des livres si beaux, si splendidement édités, qu’on n’ose appuyer le crayon sur leurs pages et altérer la blancheur de leurs marges ; ceux-ci, regardez-les, contemplez-les, admirez-les ; mais ayez quelque autre édition de ces ouvrages, une édition moins luxueuse et plus abordable, avec qui vous puissiez converser et discuter. Ou bien, et pour tout concilier, inscrivez vos notes, non dans les marges, mais sur une fiche simple ou double, avec renvois aux pages, et placez ensuite cette fiche en tête ou en queue du volume. Il en est aussi qui font interfolier leurs livres, c’est-à-dire intercaler une

[II.097.081]
  1.  Fantaisies bibliographiques, p. 264. (Paris, Gay, 1864.)  ↩

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