Le choix d’un modèle pour l’édition et la publication
Par Alex Gulphe le 17 oct. 2025, 10 h 47 - Phase II (2016) : Le Livre - Lien permanent
L’analyse de la structure éditoriale et des contenus, les constats précédemment faits sur les modalités de leur préparation sont sans appel : la somme de travail à effectuer afin de permettre la publication du Livre, nécessite un investissement tout entier à cette seule tâche, implique d’éloigner le plus possible toute opération susceptible d’augmenter les délais de sa réalisation, sous peine de nouvelles déconvenues, susceptibles cette fois, d’engendrer la faillite du projet.
L’option de développer mon propre environnement d’édition et de publication, aussi séduisante soit-elle, apparaît être un projet chronophage, s’intercalant entre deux phases, impliquant de nouveaux apprentissages, l’acquisition ou la mise à niveau de compétences techniques, la conception de prototypes, sans garantie de résultat, — avec en contrepoint, le sentiment que j’ai de devoir « réinventer la roue ».
Le choix d’un système de gestion de contenu s’impose. Il me garantit, après que j’aurai déterminé quel « moteur » utiliser : la possibilité de concevoir et d’expérimenter divers schémas pour l’organisation éditoriale de l’encyclopédie ; de définir quels modes de lecture proposer ; de distinguer et de séparer la matière première de l’édition, — le flux d’informations —, des moyens matériels employés à leur mise en ligne ; d’accorder à mes objectifs tout l’espace dont je dispose.
Le choix d’un « moteur » d’édition et de publication
Les systèmes de gestion de contenu (SGC) reposent tous sur un même modèle de fonctionnement, qu’ils servent à la production d’un site de commerce en ligne (Prestashop), à l’organisation d’un fonds de bibliothèque (PMB), à la création d’une photothèque (Koken ou Phraseanet), au traitement de données commerciales (Dolibarr) ou à la publication de sites Web (Dotclear, Drupal, Joomla, Spip, Typo3, Wordpress, etc.).
S’appuyant, ou non, sur une base de données, ils permettent à de multiples utilisateurs, depuis une interface d’administration (ou Back Office) de créer, d’éditer, d’organiser des contenus destinés à être diffusés ou publiés. Leurs qualités premières sont de fournir un noyau (le moteur) de fonctions logicielles, une chaîne éditoriale spécialisée « clé en main », aux compétences extensibles, séparant l’information des opérations nécessaires à sa gestion.
Familier des solutions précédemment citées pour les avoir installées, configurées, adaptées et exploitées dans le cadre de mes activités professionnelles, j’ai défini en préalable à la sélection d’un SGC, l’inventaire des conditions et des services essentiels requis par le projet « Albert Cim » :
- Le moteur, ainsi que ses dépendances fonctionnelles et stylistiques, est distribué sous licence Open Source.
➞ les données de développement doivent être intégralement accessibles, documentées, et permettre des développements annexes, ou des adaptations librement redistribuables. - L’architecture logicielle est légère et performante, peu gourmande en ressources serveur, aisée à maintenir.
➞ les échanges entre le client et le serveur sont sécurisées ; les délais de réponse aux requêtes sont optimisés ; les fonctions de gestion de l’état des services (traitement des erreurs) sont intégrées ; le système dispose d’un mécanisme de vérification de l’intégrité de sa structure logicielle. - Le système est optimisé pour le référencement.
➞ il dispose d’un module d’édition des métadonnées d’en-tête (ou Head) ; il intègre un système de notification (ou Ping) aux moteurs de recherches pour les nouvelles publications, ou pour les mises à jours des contenus ; il autorise l’interfaçage avec les services de mesure statistique et d’analyse de fréquentation ; il permet la génération et l’actualisation automatique de l’architecture (ou Sitemap) de la publication ; il est conforme aux obligations du « Règlement général sur la protection des données » (RGPD). - L’outil est multi-utilisateurs et multi-instances.
➞ il distingue différents niveaux d’autorisation et de droits d’édition pour chaque utilisateur ; il permet de servir la production, à partir d’un même noyau et d’une configuration commune, de plusieurs publications disposant de fonctions et de paramètres distincts. - Il intègre un environnement éditorial avancé, ainsi qu’une gestion électronique de documents (GED) multiformats.
➞ il permet l’utilisation de différents formats et langages (texte brut, HTML, Markdown, etc.) d’édition ; la création et l’agencement combiné de rubriques, ou de catégories, selon des modalités de tri indépendantes ; l’édition des données documentaires (métadonnées) pour les principaux types de fichiers multimédias. - Il possède une gestion avancée des fonctions stylistiques.
➞ il est ouvert à la personnalisation de l’interface « client » (ou Front Office) au moyen de thèmes (ou Templates) ; il permet d’abonder les propriétés CSS par l’ajout de feuilles de styles spécifiques. - Etc.
Mise au banc d’essai
Trois environnements de gestion de contenu ont retenu mon attention : Dotclear 21, Drupal2 et Typo33.
Pour procéder à ce choix, j’ai confronté les caractéristiques des divers « moteurs » qu’il m’a été donné d’utiliser, à l’inventaire que j’ai défini : lecture des spécifications sur les sites respectifs de leurs éditeurs ; comparaison des requis techniques et des fonctions proposées avec l’outil CMS Matrix4 ; consultation d’articles de presse et de publications critiques5.
À cette démarche toute théorique, j’ajoute un ensemble d’épreuves pratiques : un banc d’essai qui vise à mesurer et à estimer, après installation dans un espace dédié6 de mon serveur de production, les qualités fonctionnelles et opérationnelles des trois lauréats.
Les tests consistent en une série d’opérations basiques, préalablement définies, dont les principales sont : le paramétrage technique et administratif du SGC ; la mise en place de l’architecture éditoriale de la médiathèque et de l’espace d’édition ; le téléversement de données multimédias ; l’édition et la publication de contenus « texte et images ».
Les mesures techniques : occupation mémoire ; charge d’utilisation du processeur ; données réseau en entrée et en sortie ; etc. sont quant à elle observées et évaluées7 au moyen de la console disponible dans l’espace d’administration de mon serveur.
Les qualités et les différences constatées au terme de ces tests donnent un léger avantage à Dotclear et Typo3, sans qu’il ne me soit objectivement possible de les départager.
Au final, ce sera le capital « sympathie » que j’accorde à Dotclear, pour les services rendus dans la gestion de mes données documentaires, pour la qualité des échanges avec l’équipe qui assure son développement, qui fera pencher la balance en sa faveur.
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Initié en 2003, par le développeur Olivier Meunier, Dotclear est un projet associatif de SGC dédié à l’édition de blogs, dont le principal promoteur et contributeur est à ce jour Franck Paul, accompagné d’une petite équipe de bénévoles. Open Source, Dotclear est distribué sous licence libre GNU GPLv3. ↩︎
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Développé à partir de l’année 2000, à l’université publique d’Anvers (Belgique), par Dries Buytaert, Drupal est un SGC libre et Open Source dédié à la création et la maintenance de sites Web. En 2025, le projet compte plus d’un million de développeurs à travers le monde. Drupal est distribué sous la licence publique générale GNU (GPLv3). ↩︎
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TYPO3 est un système de gestion de contenu, créé en 1997, par le Danois Kasper Skårhøj. Distribué à l’origine par la société Superfish.com sous licence commerciale, il est depuis l’année 2000, à l’initiative de son créateur, publié sous licence libre. TYPO3 est disponible en trois versions :
TYPO3 CMS, sous licence publique générale GNU (GPLv2) ; TYPO3 Fluid et TYPO3 Surf, sous licence publique générale GNU (GPLv3). ↩︎ -
[Service fermé en 2023] CMS Matrix, « Compare Content Management System ». ↩︎
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Maucorps, Vincent, Gestion de contenus. Le meilleur des solutions Open Source, Smile, 2013. ↩︎
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Après le lancement de consultations automatisées des publications via le logiciel Integrity. ↩︎