Régler la production de l’Encyclopédie du Livre
Par Alex Gulphe le 17 oct. 2025, 10 h 49 - Phase II (2016) : Le Livre - Lien permanent
L’intégration de la structure éditoriale
Les modalités d’édition
Dotclear propose deux modes d’édition séparés, aux compétences distinctes, pour la publication des contenus :
- Un format « Billet », propre à la rédaction d’articles périodiques, sur le principe d’un journal personnel, ou blogue.
➞ Il sera utilisé pour l’édition des pages de l’imprimé traitées à l’unité. - Un format « Page », mieux approprié à la production d’informations pérennes, ou la réalisation de sites Web.
➞ Il sera utilisé pour l’édition des chapitres [recomposés] après l’assemblage des « billets ».
Une structure atomisée
L’édition de l’Encyclopédie du Livre au format livre-web a pour structure élémentaire, une architecture « atomisée » de l’ouvrage imprimé : son unité primordiale est la page.
L’édition numérique doit son organisation : à la division et à l’agencement des contenus de l’édition des cinq volumes [tomes] publiés de 1905 à 1908 ; au modèle et aux modalités employées pour sa production ; à un questionnement que je pose sur les diverses manières d’aborder la lecture de ce type d’ouvrage :
- Les pages que je publie conservent la linéarité du propos qu’implique le codex, et permettent une lecture assimilable à « un mode paginé ».
- En suivant, je les renseigne de leur place dans la hiérarchie de l’ouvrage, une référence indiquant le numéro du tome, le titre de la partie et l’intitulé du chapitre auxquelles elles se rattachent, offrant ainsi, une possible navigation entre chaque division du document.
- Enfin, reprenant le système d’« Index alphabétique général »1, j’enrichis le texte de marqueurs (ou tags) permettant, au moyen de tris par mot-clé des pages, différents assemblages de l’ouvrage, ajoutant à la lecture linéaire, un principe d’exploration transversale des contenus.
Cette mécanique, permettant de réagencer les pages de l’encyclopédie à la demande du lecteur, rendue possible par l’intégration à une base de données relationnelle d’un contenu (ou flux éditorial) réduit à la dimension d’une suite de cellules élémentaires, s’appuie sur deux outils proposés par le SGC Dotclear : les modules « Catégories » et « Mots-clés ».
Le module « Catégories », après que je l’ai renseigné des divisions formant l’édition, par une exacte reproduction de l’architecture de l’ouvrage imprimé, — une arborescence formée de cinq branches principales indiquant la tomaison, auxquelles sont attachés les différentes parties organisant les chapitres —, permet d’attribuer à chacune des pages éditée, une référence lui assignant sa position dans l’édition ; de générer une table des matières hiérarchisée.
[fig. 10] L’interface du module « Catégorie » de Dotclear et l’organisation hiérarchique [partielle] du tome I de l’encyclopédie.
Quant à lui affranchi du flux linéaire, le module « Mots-clés » crée pour chaque nouvelle insertion d’un marqueur dans le texte, une entrée spécifique [unique] dans la base de données, elle-même associée à un index répertoriant quelles pages sont concernés.
Comparable à un dictionnaire permettant l’ajout de mots ou d’expressions2, l’outil s’avèrera complexe à mettre en œuvre, et nécessitera que je développe un lexique en annexe3, afin de respecter les différentes graphies appliquées à un même terme ; d’harmoniser l’accès aux entrées de l’index ; d’éviter les [faux] doublons.
Pour exemple, l’individu « Paul Lacroix4 » se voit associé dans l’édition aux graphies suivantes :
- Paul Lacroix
- Paul Lacroix (Bibliophile Jacob)
- P. L. Jacob (Paul Lacroix)
- P. L. Jacob
- bibliophile Jacob
Toutes devant pointer dans l’index, vers le marqueur :
Lacroix (Paul [Bibliophile Jacob])
Un marqueur associé à l’URL relative :
/le-livre/index.php?tag/Lacroix (Paul [Bibliophile Jacob])
Simples singularités rédactionnelles, mais nécessitant une intervention manuelle, je procèderai à quelques tentatives d’allègement de cette part des opérations dispendieuse en temps, — tant depuis l’interface d’administration du module que du côté des données insérées dans la base —, sans qu’aucune n’apporte de solution à la principale difficulté de la tâche : la vigilance, une qualité également partagée entre typographes et codeurs.
— Il est à noter que, dans un environnement où le texte est régi par une charte rédactionnelle, ce service fonctionne interactivement, automatiquement, sans qu’il ne soit utile d’intervenir « humainement ».
Les métadonnées appliquées aux pages
À chaque page composée, il sera attribué :
- Un titre qui indique l’ouvrage, le tome auquel elle appartient, sa position dans le volume sous la forme :
Le Livre, tome I, p. 055-079.
L’indicateur de position est formé de deux valeurs :- la première est celle de la pagination imprimée ;
- la seconde, l’ordre de la page dans le facsimilé.
- Une date de publication sous la forme :
1905-10-22 01:19.
Soit l’année de publication du volume imprimé ; un mois et un jour, arbitrairement ceux de la date de naissance d’Albert Cim, le 22 octobre de l’année 1845.
L’heure, fictive, est attribuée selon l’ordre des pages dans le facsimilé par incrémentation d’une minute. - Une catégorie : la place de la page dans la structure de l’édition.
- Une valeur d’URL faisant synthèse, sous la forme :
1905/10/22/tI-079-055.
Le nom de l’auteur est quant à lui défini par l’utilisateur de la session, par défaut, Albert Cim.
Une structure recomposée
Réalisés dans l’environnement d’édition au format « Page », l’objet de ma démarche est de proposer aux lecteurs, une lecture « en continu » des chapitres de l’encyclopédie, sur le modèle monopage du Petit manuel.
Le choix d’exploiter un cadre de production éditorial distinct, est dicté par l’absolue nécessité de dissocier les données des structures « atomisées » de celles « recomposées », afin d’éviter leur chevauchement « coté client », d’empêcher, lors des lectures transversales, l’affichage d’un chapitre au milieu de pages au format « Billet ». — Un principe comparable à deux éditions d’un même livre dans une bibliothèque, disposant chacune d’une organisation propre.
Les opérations à conduire pour cette production, consisteront à assembler les pages traitées à l’unité, après quelles aient été finalisées.
L’organisation de la médiathèque
Parallèlement, j’organise la médiathèque selon une arborescence simplifiée, réduite à deux branches principales :
- La première branche, divisée en cinq répertoires selon la tomaison, contient les facsimilés qui seront placés en vis-à-vis du texte des pages publiées au format « Billet », facilitant ainsi la relecture.
- La seconde, selon un même schéma, distribue les illustrations qui seront intégrées au flux rédactionnel.
Le « nommage » des données visuelles
Le système de « nommage » que je définis pour les données visuelles, s’appuie sur une codification similaire à celle appliquée aux pages :
- Pour les pages extraites des facsimilés, la forme est :
acim-livre-I-Ottawa-079-055.jpg
Soit :- l’auteur :
acim - le titre de l’ouvrage :
livre - le tome :
I - la source du facsimilé :
Ottawa - la position d’ordre dans le facsimilé :
079 - la marque de la pagination imprimée :
055
- l’auteur :
- Pour l’illustration, la forme est :
I-079-055-01.png
Soit :- le tome :
I - la position d’ordre dans le facsimilé :
079 - la marque de la pagination imprimée :
055 - un indicateur d’agencement5 dans la page :
01
- le tome :
Ce système de « nommage », d’apparence complexe avant qu’il ne soit mémorisé, favorise :
- l’identification des sources utilisées pour l’édition et le repérage dans les facsimilés ;
- au moment du codage, l’intégration des données visuelles par simple remplacement de valeurs préformatées dans le bloc de code HTML préparé en amont de l’édition.
L’intégration des propriétés stylistiques
La conception de l’interface publique, d’une charte graphique pour l’Encyclopédie du Livre, repose sur différents paramètres et constats qu’il me faut concilier :
- L’utilisation d’un SGC présuppose la mise en place d’une architecture visuelle complexe, un thème graphique adapté aux multiples espaces de consultation [écrans] proposés par le moteur de publication.
- L’application du modèle typographique, tel qu’il a été développé pour l’édition du Petit manuel, se doit d’être respecté, intégré et adapté.
- Le choix d’un développement éditorial en « temps réel », donnant lieu à la publication des contenus dans deux formats, « page » et « chapitre », implique un système visuel modulable et flexible.
Le cadre visuel que j’ai imaginé pour la remédiatisation de l’encyclopédie, est comparable à celui d’une charte destinée à une collection d’ouvrages. Il se doit de posséder un ensemble de signes distinctifs qui contribuent à la formation d’une identité singulière, pouvant être attachées à diverses publications.
Je souhaite également rompre avec l’esthétique du Petit manuel que j’estime être inadaptée aux structures mises en place. — Convenable avec l’idée que je m’étais forgée de l’univers personnel et professionnel d’Albert Cim, le feutré des bibliothèques aux étagères de bois sombre, l’esthétique surchargée d’un xixe siècle reconstituée sur base de photographies et de peintures, elle m’apparaît désormais, revêtir un caractère « pompier » dans l’analyse critique que j’en fais a posteriori.
L’interface que je dessine dès lors, se veut ouverte, réduite à un simple fond de page sur lequel la typographie se pose : texte noir sur fond blanc. Le style que j’accorde à l’ensemble s’appuiera tout entier sur la forme donnée à la composition, la rigueur des procédés : une épure où le propos est mis en valeur, sans interférence autre que les indications données au lecteur, l’informant des moyens de navigation par l’ajout d’une unique couleur rouge.
Les codes visuels sont ceux empruntés à l’Histoire du livre dans ses différentes manifestations. Mes références sont les papyrus égyptiens calligraphiés, les manuscrits du Moyen Âge, la Bible à 42 lignes de Gutenberg (cf. [fig. 11] et [fig. 12], ci-après).
[fig. 11] Détail des planches 6 et 7 du papyrus « Edwin Smith » : un traité de chirurgie rédigé en écriture hiératique (vers 1600 av. J.-C., Thèbes, Égypte).
Used with the permission of the Rare Book Room, New York Academy of Medicine.
Source : Grook Da Oger, Wikimedia Commons.
[fig. 12] Bible de Gutenberg ou Bible à 42 lignes
(exemplaire sur vélin, vol. III, vue 35 ; vers 1455, Mayence, Allemagne).
Source : BnF, Gallica.
La maquette que j’en ai fait, pour laquelle je dispose déjà des propriétés stylistiques applicables à la typographie, est aisément transposable aux thèmes proposés sur le site de l’éditeur de Dotclear6, vierges ou prédéfinis, et qu’il me suffira d’ajuster. — Ici, à nouveau, je me dois de tenir compte de mes objectifs, de limiter le temps de production dévolue à l’interface à sa plus juste extrémité.
La consultation des collections disponibles me sera favorable : le thème « Time Flies7 », crée par les développeurs Web, David Yim et Pierre Van Glabeke, répond à mon cahier des charges : conforme à HTML5, conçu sur le modèle Responsive Design, distribué sous licence Creative Commons CC BY-SA 3.0, il constitue la base d’une architecture technique que j’adopterai et conformerai, après l’avoir testée et évaluée (cf. [fig. 13], ci-après).
[fig. 13] Le chapitre « Le papier » du tome III de l’Encyclopédie du Livre, habillé du thème « Time Flies » (affichage à 65 % de la taille réelle).
Les essais opérationnels
Sur le précepte qui veut que « toute action entraîne une réaction », j’appliquerai, à chacune de mes interventions, une série d’opérations de contrôles et d’examens, de vérifications et d’essais, destinées à valider la qualité opérationnelle de mes choix, à estimer la performance des options retenues, à assimiler les procédures de production que je mets en place.
Pour cela, une première partie des contenus « texte et image » prêts pour l’édition, seront inclus au système de publication : les dix premières pages du tome I ; les facsimilés associés, disséqués et réduits à l’unité ; les fichiers graphiques servant à l’interface et à l’illustration.
Tant du côté « administration » que du côté « client », chaque ajout d’extension ou paramètre modifié, impliquera que j’évalue l’intégrité technique du système de publication, que je corrige les dysfonctionnements constatés, que j’écarte les greffons logiciels instables, que je mette en place des solutions de remplacement.
Les données du flux éditorial publiées seront surveillées, scrutées, afin de m’assurer de la bonne interprétation, — dans divers systèmes d’exploitation et navigateurs —, des propriétés stylistiques ajoutées, du rendu de la composition typographique.
Enfin, les liens hypertextes seront éprouvés, le codage inspecté, analysé, mis au point, avant qu’il ne soit validé.
Au terme de deux longs mois de développement, d’essais, d’ajustements et de rodage, j’estime le prototype être « bon pour le service ». Le 21 septembre 2017, il est téléversé sur le serveur de production, et ouvert au public via l’URL « albert-cim.virginiapearl.com », un alias formé sur le nom de domaine de mon atelier « virginiapearl.com »8.
— La transplantation à un nouvel environnement serveur me conduira à répéter la batterie de tests effectuée localement : seules quelques interventions, portant sur les droits d’accès aux répertoires et aux données, seront nécessaires au bon fonctionnement de la plateforme.
Le 3 octobre, la mise en production éditoriale du tome I est inscrite à mon tableau de bord.
-
Le Livre, t. V : p. 439-544. ↩︎
-
Dans une limite fixée à 20 caractères par la base de données… à moins d’en modifier sa structure ! ↩︎
-
Un fichier au format tableur, conçu au long cours, composé de la liste alphabétique des marqueurs, de leurs variantes et des blocs de code HTML associés. ↩︎
-
Le bail, Marine, « Entre fonction et fiction, l’Arsenal du bibliophile Jacob », Revue de la BnF, nº 52, Bibliothèque nationale de France, 2016, p. 133‑142. ↩︎
-
Cette valeur s’incrémente selon l’ordre et le nombre des illustrations présentent dans une page. ↩︎
-
Dotaddict... « Thèmes pour Dotclear ». ↩︎
-
Dotaddict... Présentation du thème « Time Flies ». ↩︎
-
Transféré au mois d’août 2023, sur un alias au nom de domaine
pierrot-pendu.org. ↩︎