Le Livre, tome II, p. 310-326

Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 310.
Albert Cim, Le Livre, t. II, p. 310 [326]. Source : Internet Archive.

contradiction. Au reste, j’attends qu’un bon incendie nous en débarrasse, un jour ou l’autre. »

Ce « bon incendie », la Commune allait se charger de l’allumer, et ce n’est pas sa faute si nous n’avons pas été « débarrassés » de la Bibliothèque nationale et des autres, comme de celle du Louvre.

Mais le comble, c’est le bibliothécaire bibliophobe, le bibliothécaire biblioclaste, le bibliothécaire qui n’aspire qu’à voir flamber tous les livres dont il a la garde, et qui appelle ce beau jour de tous ses vœux. Les types de cette race n’abondent pas, et l’on n’en cite jusqu’ici qu’un exemple : c’est encore le bibliophile Jacob qui nous le fournit. « Il y a vingt ans et plus, écrivait-il en 1877[310.1], on avait fait un bibliothécaire dans une de nos grandes bibliothèques publiques ; on l’avait fait de rien, car c’était un poète pour tout potage. Poète et bibliothécaire, c’est l’eau et le feu. Je fis compliment au nouveau bibliothécaire : « Oh ! me répondit le poète, de l’air le plus dégagé, je fais des vœux tous les jours pour que la Bibliothèque brûle. — La Bibliothèque où vous êtes employé ! m’écriai-je stupéfait. — Sans doute… comme la bibliothèque d’Alexandrie. A quoi bon tant de livres qu’on ne lit pas et qui ne méritent pas d’être lus ? Il y a cinquante à soixante ouvrages à conserver, cela suffit, et ces

[II.326.310]
  1.  L’Intermédiaire des chercheurs et curieux, 10 février 1877, col. 75.  ↩

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