Le Livre, tome I, p. 133-157
Par Albert Cim le 22 oct. 1905, 02 h 37 - III. Depuis l’invention de l’imprimerie jusqu’à l’avènement de Louis XIV - Lien permanent
En plusieurs endroits de ses très curieuses lettres, il nous entretient de ses « débauches », des enivrantes joies qu’il goûte dans le silence de sa bibliothèque : « … Je ne fais guère de débauche que dans mon « étude » avec mes livres ; au moins n’en fais-je point tant comme je voudrais bien (autant que j’en voudrais). Feu M. Piètre[133.1], qui a été un homme incomparable, tant en bonté qu’en science, disait qu’il faisait la débauche[133.2] lorsqu’il lisait Cicéron et Sénèque, mais qu’il se réduisait aisément à son devoir avec Galien et Fernel…. Ainsi je me suis réduit dans mon « étude » depuis ce temps-là ; mais on ne m’y laisse guère dans l’état paisible qu’il faudrait pour bien étudier[133.3]. »
Richelieu (1585-1642) aimait ses livres « plus que chose au monde », selon l’expression de Michelet[133.4] : c’est à lui qu’est due la création de la bibliothèque
- Simon Piètre dit Piètre le Grand (1565-1618), médecin et professeur au Collège de France, célèbre par son érudition et son éloquence. Il était fils d’un médecin et professeur également prénommé Simon. ↩
- C’est aussi le terme qu’employait en pareille circonstance le chancelier Daguesseau : « … Les charmes des belles-lettres, qui ont été pour moi une espèce de débauche d’esprit…. » (Instructions sur les études propres à former un magistrat, II, Étude de l’histoire, p. 237. Œuvres choisies, Paris, Didot, 1871.) ↩
- Gui Patin, Lettres, lettre du 13 juillet 1660. (Tome II, p. 74. La Haye, Van Bulderen, 1715.) ↩
- Histoire de France, t. XIV, p. 233. (Paris, Marpon et Flammarion, 1879.) ↩
