Le Livre, tome I, p. 032-056
Par Albert Cim le 22 oct. 1905, 00 h 56 - I. Antiquité - Lien permanent
cialement consacrés sans doute à ces solennités, était marqué par une lecture publique[032.1].
« Les plus mauvais écrivains n’étaient pas les moins zélés…. Pour ces récitateurs fanatiques, tous les endroits étaient bons : dans des thermes publics, au milieu du forum, ils étaient tout aussi à l’aise que dans leur propre maison[032.2]. Martial a personnifié, sous le nom d’un certain Ligurinus, cette malheureuse manie de récitation qui faisait de chaque petit poète un fléau pour ceux qui l’approchaient[032.3]. »
Nous avons déjà entrevu tout à l’heure ce Ligurinus, que Martial menaçait de « laisser souper seul[032.4] ». Voici encore deux des épigrammes qu’il lui décoche :
« Veux-tu savoir pourquoi personne n’aime à te rencontrer, pourquoi l’on se sauve dès qu’on t’aperçoit, pourquoi, Ligurinus, autour de toi règne une vaste solitude ? Tu es trop poète. C’est un bien dangereux défaut. La tigresse furieuse de l’enlèvement de ses petits, la vipère que brûle le soleil de midi, le scorpion malfaisant, sont moins à craindre
- Cf. Pline le Jeune, I, 13 ; VIII, 21 ; etc. ↩
- In medio qui
Scripta foro recitent, sunt multi, quique lavantes ;
Etc.
« Il y a des gens qui lisent leurs ouvrages en plein forum ou dans les bains ; » etc. (Horace, Satires, I, 4, trad. Panckoucke, p. 192. Paris, Garnier, 1866.) ↩
- In medio qui
- Géraud, op. cit., pp. 190-192. ↩
- Supra, p. 29, note. ↩
